[ HISTOIRE ] LES ANTILLES ET L'AFRIQUE

[ HISTOIRE ]   LES ANTILLES ET L'AFRIQUE
Je vous parlais précédemment de L'écrivain antillais Ernest Pépin, qui a écrit " Africa-solo" et pour permettre de comprendre le sens des mots " Négritude et Créolité.
"
Voila ce qu'il dit :

"Il NE FAUT PAS OPPOSER NEGRITUDE et CREOLITE" ,

Ernest Pépin, l'une des plus grandes plumes de la littérature antillaise

Les Créoles sont des descendants d'Afrique, mais pas seulement. Sans renier les racines africaines des Caribéens, Ernest Pépin développe une conception de la créolité élargie, basée sur la mixité de diverses cultures. L'un des plus célèbres poètes et romanciers antillais revendique son identité créole et souhaiterait qu'elle soit reconnue à part entière par les Africains.

Afrik : Après la négritude, la créolité est le nouveau concept défendu et développé par les Antillais. Quelle serait votre définition de la créolité ?

Ernest Pépin : C'est la prise de conscience de la diversité du monde caribéen. C'est également la volonté de repenser la notion d'identité. Parce qu'on ne peut réduire la créolité à la langue créole. Il ne s'agit pas que de ça. Il s'agit fondamentalement d'une théorie de l'identité mosaïque. Il existe une conception de l'identité en terme de propriété : ma langue, ma terre, ma religion. Mais elle nous enferme dans une logique d'exclusion. Il vaudrait mieux raisonner sur la base d'une identité mosaïque : mes terres, mes langues, mes religions. Par le fait de l'Histoire, les Caribéens ont navigué tout naturellement dans cette identité plurielle. Et ont bâti une propre cohérence. Le columbo, plat d'origine indienne, est le plat de tous les Guadeloupéens, qu'ils soient d'origine indienne, africaine ou européenne. Le gwoka (tambour), d'origine africaine, définit le Guadeloupéen. Une danse comme le quadrille, d'origine européenne, est la danse de tous les Guadeloupéens. Nous avons créolisé les origines, avec ce que nous avons pu ramener d'Afrique, d'Inde, de Syrie, du Liban ou d'Europe.

Afrik : La négritude et la créolité sont-elles antagonistes ?

Ernest Pépin : Lorsque la créolité est apparue comme mouvement littéraire, elle s'est positionnée, en particulier à partir du travail de Confiant et de Chamoiseau, comme une sorte de refus de la négritude et du combat politique d'Aimée Césaire. Ce qui fait qu'on a toujours eu tendance à opposer négritude et créolité. Je pense le contraire. Dire que la créolité se conçoit dans la diversité, c'est considérer que la part d'africanité fait partie de la créolité. Mais qu'elle n'est pas exclusive. Tout le débat est là. Nous ne sommes pas que des descendants de l'Afrique. Les composantes sont diverses. Nous portons tous en nous ces parcelles d'identité qui nous constituent en tant qu'Antillais et Caribéens créoles.

Afrik : La créolité est un concept qui pourrait donc s'appliquer à d'autres personnes qu'aux Antillais ?

Ernest Pépin : De multiples créolisations sont à l'½uvre dans le monde parce que nous sommes devenus une terre d'immigration. On voit des mélanges se faire. Pour mieux comprendre que ce n'est pas lié à une question de race ou de lieu précis, je pense que l'enfant d'un couple germano-italien vivant au Brésil se trouve dans une situation de créolisation. C'est-à-dire qu'il va composer avec la diversité du monde.

Afrik : Les Antilles ont toujours eu un rapport trouble avec l'Afrique. Les choses sont-elles en train de changer ?

Ernest Pépin : C'est une vision qui évolue, mais lentement. Il faut savoir que l'école est une des matrices de la conscience. Or, l'Histoire des Antillais et même de l'Afrique n'est pas enseignée à l'école. Pour que notre psyché de l'Afrique évolue convenablement il faut que l'école joue son rôle, hors de toute falsification de l'Histoire. Il faut aussi que l'Antillais ait un esprit plus équilibré entre sa part d'occidentalité et sa part d'africanité. Il y a les discours, il y a les pratiques et il y a l'être. C'est entre tout cela qu'il y a des confusions. Il faut juste un peu d'ordre. Et l'ordre viendra du savoir et de la connaissance.

Afrik : Etes-vous amer par rapport à la France?

Ernest Pépin : Mon discours n'est pas un discours d'hostilité. Parce que lorsqu'on est toujours dans la revendication, on pratique une forme d'irresponsabilité. Je refuse d'être dans une position d'irresponsable parce que j'estime que ce qui fonde l'Homme c'est justement sa responsabilité. Plutôt que d'être en colère contre, je préfère m'organiser pour résoudre mon problème. Et si j'ai un message fondamental à lancer, premièrement au niveau des Antillais, c'est qu'il faut que nous commencions à prendre en charge, nous-mêmes, nos problèmes. Si notre Histoire n'est par enseignée à l'école républicaine, pourquoi ne pas faire des cours sur l'Histoire des Antilles ou de l'Afrique par d'autres circuits que l'école ? Par la voie associative par exemple. Il faut inventer des solutions. C'est comme ça que nous nous ferons respecter. Et non pas en étant des quémandeurs de tout, même quand il y a des injustices flagrantes.

Afrik : On assiste à l'émergence de revendications identitaires très fortes aux Antilles. Les jeunes affirment leur fierté d'être de « Gwada » (pour Guadeloupe) ou de « Madinina » (pour la Martinique). N'entre-t-on pas ici dans une logique d'exclusion et d'enfermement ?

Ernest Pépin : Il est normal que la jeunesse ait quelque chose à revendiquer. Aux Antilles, elle revendique Gwada et Madinina : ce n'est pas forcément une mauvaise chose à mes yeux. Aimé Césaire a une phrase que j'aime beaucoup dans La traite du roi Christophe : « Les peuples vont de leur pas ». Les consciences évoluent. Il y a eu plusieurs étapes. Celle de l'aliénation comme dynamique essentielle de la psyché antillaise, parce que ce qui était en jeu était la volonté de reconquérir une dignité. Il y a eu l'étape de la négritude, où on a revendiqué l'Afrique comme terre mère et comme élément fondamental de l'identité antillaise. Aujourd'hui, la négritude est remise en question et nous en sommes à l'étape de la créolité. Il émerge progressivement, au fil de l'Histoire, une conscience de soi-même, qui va amener, je crois, à assumer son pays. Et il s'agit malgré tout bien de la Guadeloupe pour les Guadeloupéens et de la Martinique pour les Martiniquais. Une fois que cette étape aura été franchie, nous pourrons nous ouvrir sur le monde avec la conscience d'être. Nous sommes dans une forme d'instabilité, mais d'instabilité créatrice. C'est à mon sens ce qu'il faut retenir.

Afrik : Quel effet cela vous a-t-il fait lorsque vous avez foulé le sol africain pour la première fois ?

Ernest Pépin : On ne peut pas venir en Afrique sans une certaine émotion. Je suis né comme intellectuel dans le berceau de la négritude avec notamment les ½uvres d'Aimée Césaire. J'avais déjà mon imaginaire de l'Afrique. Mais je suis aussi venu les yeux ouverts. Je ne suis pas venu avec une Afrique idéalisée. Je suis venu à la quête de la vérité de l'Afrique. Je voulais voir, comprendre et peser ce qu'il y avait de positif et ce qui relevait à mes yeux de l'inacceptable. Je trouve par exemple que les bourgeoisies africaines ne sont pas assez « nationalistes ».

Afrik : Quel accueil avez-vous reçu ?

Ernest Pépin : Un accueil excellent. Parce qu'ils ont vraiment senti que je venais en sympathie et en fraternité. D'autre part, je crois que l'Africain est toujours honoré de voir quelqu'un de la « diaspora » faire le déplacement pour connaître ses origines.

Afrik : Avec quel message arrivez-vous et arriviez-vous en Afrique ?

Ernest Pépin : Il a toujours eu, chez certains, un discours entre l'Africain et l'Antillais de l'ordre du grand frère au petit frère. Soit nous sommes considérés comme des bâtards de l'Afrique, à cause du métissage et d'une certaine perte de la mémoire. Soit nous sommes considérés comme des petits frères un peu « renégats », avec une certaine condescendance dans le regard. Je dis que si l'on veut faire fonctionner une fraternité, il faut qu'il y ait un discours d'égalité qui fonctionne. C'est à dire que l'Africain doit me reconnaître dans ma créolité. Comme celui qui est parti. Dans Africa-Solo, je dis : « Ne me traite pas de fils d'esclaves, je suis peut être parti à ta place, je suis peut être parti pour t'empêcher de partir ». C'est très important pour moi de dire cela. A partir d'un tronc commun, il y a eu une dérivation imposée par l'Histoire, certes tragique, mais qui a donné naissance au bourgeon. Et ce bourgeon doit être perçu dans le respect de ce qu'il est. Je suis fier de mon histoire. Tout autant que quelqu'un qui dit qu'il est fier de descendre du royaume d'Abomey. Mon royaume d'Abomey, c'était le ventre du bateau négrier. Mon royaume d'Abomey, c'était la résistance des esclaves pour survivre et s'accommoder de cette terre nouvelle, c'était cette dynamique dans l'urgence pour s'émanciper, reconquérir son droit à l'humanité. Et je crois que ça aussi mérite un coup de chapeau.

Africa-Solo - Un poème d'Ernest Pépin

Je me souviens
Oui je me souviens bien
De l'arbre des esprits
Beau fromager déraciné
Malgré la force des forêts
Malgré la foi des initiés
Je suis bien de la famille
Même si je ne sais plus mon nom
Je répondrai toujours
A l'aimant des tambours
A l'orée des retrouvailles
Ils ont jeté mon nom par dessus bord
Ils ont jeté mon père sans sépulture
Mais les chacals gris de l'oubli
N'ont point emporté ma dépouille
Me voilà de retour

Ernest Pépin, Africa-Solo, A3 éditions, Collection Rond point - Commander l'ouvrage

Mot de l'éditeur

Lors d'un séjour en Côte d'Ivoire, le poète et romancier guadeloupéen Ernest Pépin a eu la sensation d'effectuer un pèlerinage : « Je me retrouvais là d'où j'étais parti et tout me mettait en état de vibration solidaire avec le paysage, les êtres humains, la vie sociale, les données politiques et économiques... "Africa Solo", écrit d'une seule traite, est la restitution d'un parcours intérieur qui m'amenait au c½ur de la relation entre mon moi antillais et mon moi africain.»
"Africa Solo" : Philosophe et Président, poètes du bitume, errants au grand c½ur, nous interpellent sur le sens de l'His-toire, la place de la mémoire tandis que Marie, jeune femme fragile et naïve enchante de ses mélodies une Histoire qu'elle voudrait placer sous le seul sceau de l'amour et de la vie...


Avril 2006

# Posté le mardi 25 mars 2008 13:01

Modifié le dimanche 26 octobre 2008 09:03

[ HISTOIRE ] LES ANTILLES ET L'AFRIQUE

[ HISTOIRE ]   LES ANTILLES ET L'AFRIQUE
QU' ES CE QUE La NEGRITUDE et La CREOLITE ?


- NEGRITUDE

Définition courte: Terme inventé par Aimé Césaire (voir photo) pour désigner l'ensemble des valeurs culturelles du monde noir (Afrique-Antilles-Amérique-Europe)


Origine

Le terme est forgé en 1935 par Aimé Césaire dans le numéro 3 de la revue des étudiants martiniquais L'Étudiant noir. Il revendique l'identité noire et sa culture, d'abord face à une francité perçue comme oppressante et instrument de l'administration coloniale française (Discours sur le colonialisme, Cahier d'un retour au pays natal). Césaire l'emploiera de nouveau en 1939 lors de la première publication du Cahier d'un retour au pays natal. Le concept est ensuite repris par Léopold Sédar Senghor dans ses Chants d'ombre, qui l'approfondit, opposant « la raison hellène » à l'« émotion noire » :

Signification

La naissance de ce concept, et celle d'une revue, Présence africaine, qui paraît en 1947 simultanément à Dakar et à Paris, va faire l'effet d'une déflagration. Elle rassemble des Noirs de tous les horizons du monde, ainsi que des intellectuels français, notamment Sartre. Celui-ci définit alors la négritude comme : « la négation de la négation de l'homme noir ».

D'après Senghor, la négritude est « l'ensemble des valeurs culturelles de l'Afrique noire ». La définition de la négritude de Léopold Sédar Senghor est: " La négritude est un fait, une culture. C'est l'ensemble des valeurs économiques, politiques, intellectuelles, morales, artistiques et sociales des peuples d'Afrique et des minorités noires d'Amérique, d'Asie et d'Océanie." Pour Césaire, « ce mot désigne en premier lieu le rejet. Le rejet de l'assimilation culturelle ; le rejet d'une certaine image du Noir paisible, incapable de construire une civilisation. Le culturel prime sur le politique. »

Critiques

Par la suite, des écrivains noirs ou créoles ont critiqué ce concept, jugé trop réducteur : « Le tigre ne proclame pas sa tigritude. Il bondit sur sa proie et la dévore » (Wole Soyinka). Césaire lui-même s'en est écarté, jugeant le terme presque raciste même si cela n'a jamais été vérifié. Stanislas Spero Adotevi fait une analyse sévère dans son essai Négritude et négrologues : « Souvenir dans la connivence nocturne, la négritude est l'offrande lyrique du poète à sa propre obscurité désespérément au passé. »

René Maran, auteur de Batouala, est généralement considéré comme un précurseur de la négritude.


- CREOLITE

Définition courte:La créolité est l'attribut des Créoles ou de ce qui est créole, c'est un mouvement littéraire antillais.

Le mouvement littéraire

Le mouvement de la créolité est né à la Martinique dans les années 1980 sous la plume de Patrick Chamoiseau, Raphaël Confiant et Jean Bernabé. Le trio publie ainsi en 1989, L'éloge de la Créolité en réponse au mouvement de la négritude qui leur paraissaient inadéquate pour relater la réalité antillaise dans sa diversité.

Pour saisir la créolité, il faut comprendre la négritude, mouvement né dans les années 1930 et porté par Aimé Césaire, Léopold Sedar Senghor ou encore Léon Damas. Ces écrivains prônent une redéfinition de l'homme noir à partir de ses racines permettant de dépasser la meurtrissure historique, rejetant le colonialisme, l'hégémonie culturelle, intellectuelle, raciale et morale de l'occident et des européens sur le continent et l'homme africain. Le mouvement de la négritude rapproche tout les hommes noirs, d'Afrique et de la diaspora africaine, autour d'un héritage nègre commun.

Plus tard, certains auteurs martiniquais, à l'instar d'Edouard Glissant, contestent la vision monolithique de la négritude. Ainsi, au début des années 1980, Glissant propose le concept d'antillanité pour décrire l'identité antillaise en ne s'appuyant pas uniquement sur l'expérience des descendants d'esclaves africains, mais intégrant l'apport des Caraïbes, des colons européens, des indiens d'Indes, des chinois et des syriens. Glissant et les autres adhérents au mouvement de la créolité : les créolistes n'appliquent leur réflexion qu'au vécu des peuples de la Caraïbe repoussant la domination des anciens colons. Ainsi, selon Confiant, le concept de créolité fait référence au terme Créole, qui vient de l'espagnol criollo (lequel dérive du latin creare) et signifie simplement "né aux Amériques" par opposition d'une part aux autochtones, dits plus tard Amérindiens, et d'autre part aux nouveaux arrivés, Européens et Africains, puis Asiatiques et Levantins."[1]


Pour les auteurs de l'Éloge de la créolité :

La créolité est une annihilation de la fausse universalité, du monolinguisme et de la pureté.
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N'HESITEZ PAS A VISITE CES SITES:

1- Négritude
2- Créolité, Diversalité et Mondialisation
3- La créolisation du monde
4- La créolisation, porté et limite d'un concept

# Posté le mardi 25 mars 2008 13:29

Modifié le dimanche 26 octobre 2008 09:03

[ BLACKMETISPLANET ] LE JOURNAL

Bonjour à Tous

Nous sommes Jeudi 27 Mars, il est 3h54 du matin , j'ai fini de développer une partie du projet.

Mais avant de me coucher, je voulais poursuivre la rubrique ' HISTOIRE ' .

Nous nous étions quitter sur la compréhension de ' La Négritude' et ' La Créolité '.

Et j'espère que certains d'entre vous , on pu trouver les réponses à leur question à travers

ces moments importants de l'histoire.

Aujourdui, je vais donc continuer cette rubrique par un terme qui de nos jours, bouleverse

les cultures et accentue la multiracialité.

Ce terme , c'est METISSAGE.

Qu'es ce que le METISSAGE?

Quel est son Origine?

Pourquoi sa progression est aussi phénoménale?



# Posté le mercredi 26 mars 2008 23:08

Modifié le dimanche 26 octobre 2008 09:04

[ HISTOIRE ] METISSAGE

[ HISTOIRE ] METISSAGE
QU'ES CE QUE LE METISSAGE?


Dans METISSAGE, il ya 'METIS' ; [ MÉTIS, UN MOT CHARGE D'HISTOIRE ]


Quel est la véritable notion de 'METIS'.


La notion de métis (du mot latin *mixtīcius, < mixtus qui signifie mélangé/mêlé) désigne le mélange de deux éléments distincts. À partir du XIIIe siècle, il désigne le croisement de deux espèces animales ou végétales différentes (un mestis). En 1615 le mot « métice », emprunté au portugais, désigne alors une personne née de parents appartenant à des populations présentant des différences phénotypiques importantes (comme la pigmentation de la peau). Ce terme fut notamment utilisé pour désigner les nombreux descendants de parents européens et « indigènes » issus de la colonisation. Enfin, on parle de métis pour des tissus (ex. toile métisse), des métaux (ex. fer métis), des mots, etc. issus du mélange de deux éléments distincts.


LE METISSAGE DANS LE MONDE


Le phénomène de métissage apparaît dans toutes les sociétés qui ne sont pas géographiquement isolées des autres, mais il peut avoir une ampleur différente selon les époques et les circonstances historiques.

Quand le sud de l'Espagne était sous domination maure, par exemple, le métissage des peuples espagnols, maures, et juifs était relativement courant. Le Brésil est aujourd'hui un pays dont la population résulte d'un métissage entre les Amérindiens, les Noirs et les Blancs, et même si l'on peut trouver des communautés formées selon l'origine, le métissage y est considéré comme une valeur nationale, comme un emblème du pays, de la même façon que la musique latine est la résultante des influences africaines, européennes et indigènes.

L'Amérique est une zone de peuplement humain où le métissage a une influence non négligeable. À l'inverse, les mariages mixtes, que ce soit entre des groupes nationaux, ethniques, religieux ou raciaux différents peuvent être découragés par la pression sociale, par la loi (à Athènes, n'était citoyen que celui dont les deux parents l'étaient eux-mêmes), voire simplement interdits (ainsi en Afrique du Sud pendant l'apartheid, dans certains États des États-Unis jusque dans le courant du XXe siècle, en Chine durant la période mandchoue entre Chinois et Mandchous). La Déclaration universelle des droits de l'Homme interdit dans son article 16 toute restriction au droit au mariage pour des raisons de race, de nationalité ou de religion.

À l'inverse, certains pays ont peu connu de métissage, pour des raisons géographiques ou historiques. La Chine, longtemps séparée du reste du monde par des déserts et des chaînes de montagnes infranchissables, est aujourd'hui un des pays les plus ethniquement homogène, surtout si l'on considère les provinces côtières et centrales et qu'on exclut les vastes régions autonomes peuplées en grande partie de minorités ethniques.

À part quelques éventuelles cultures traditionnelles hermétiquement isolées sur des îles de la Micronésie, il n'existe pourtant pas de peuple qui ne soit pas le résultat d'un certain métissage, remontant parfois très loin dans le temps, ni de culture qui n'ait été influencée par des éléments extérieurs.

En France, la population est initialement constituée de Celtes (Gaulois). La conquête de la Gaule par Jules César verra l'installation de vétérans romains principalement dans le sud de la France (Orange, Aix) et la diffusion de la culture latine sur l'ensemble du territoire. Durant les grandes invasions entre le IV et le VII siècle de nombreux peuples traverseront la France mais seuls deux auront une influence notable, les Wisigoths qui formeront un royaume à Toulouse avant d'être battus par les Francs déjà maîtres du reste de la Gaule qui prendra désormais le nom de "Rex Francorum" ou Royaume des Francs qui deviendra la France. Entre le règne de Charlemagne et le début du XXe siècle, c'est à dire quinze siècles l'immigration en France fut extrêmemnt limitée.

Le métissage a continué dans l'histoire récente avec la colonisation et les migrations économiques ou politiques, volontaires ou forcées : Italiens et Polonais pour l'industrie minière, Italiens et Espagnols fuyant le fascisme et le franquisme, occupation allemande et libération par les troupes américaines, anglaises et d'outre-mer, besoin de main d'½uvre pour la reconstruction, et la facilité de circulation entre les pays.

Certains n'hésitent pas à parler de la France « black, blanc, beur» pour désigner cette multiethnicité récente, et à scander qu'à la « première, deuxième, troisième génération, nous sommes tous des enfants d'immigrés ».

Cette affirmation d'une France métisse se transcrit dans un modèle politique dit d'« intégration », qui se heurte actuellement à une montée des « communautarismes ».



ASPECTS ETHNIQUES ET CULTURELS


Dans l'imaginaire de nombreux peuples, l'unité ethnique est symbolisée par le sang comme dans l'expression « sang bleu » des nobles français, le métissage est alors considéré comme un mélange de sang, les métis sont des « sang mêlés ». On parle ainsi du « droit du sang » lorsqu'un pays n'accorde la nationalité que lorsqu'un des parents a déjà la nationalité (par opposition au « droit du sol » qui accorde la nationalité aux individus nés dans le pays). La devise de la Légion étrangère est par ailleurs "Etrangers devenus fils de France, non par le sang reçu, mais par le sang versé."[1]

Lorsqu'il y a tension entre des groupes ethniques, il arrive que les métis soient rejetés par leurs deux communautés d'origine. Il en va différemment du métissage culturel qui ouvre souvent de nouvelles possibilités, en particulier dans le domaine artistique.

Le métissage des peuples s'accompagne quelquefois d'un métissage culturel dont il résulte de nouveaux modes de vie ou expressions artistiques. Toutefois, les simples échanges culturels, qui peuvent être de nature strictement informelle, ne se définissent pas comme les produits du métissage. Celui-ci procède d'une véritable émulation dont il résulte une nouvelle culture avec ses propres modes d'expression.

On peut citer parmi les régions du monde caractérisées par cette culture métisse les pays d'Amérique latine ou encore les Caraïbes. Le métissage, tant de la culture que des peuples, fait partie intégrante de l'histoire de ces régions et est revendiquée comme une identité culturelle.

Le country-blues, musique très populaire dans l'Amérique rurale, est le produit du métissage entre la musique irlandaise, apportée par les Irlandais fuyant la répression au XIXe siècle, et le blues des esclaves noirs américains.



APPROCHE IDEOLOGIQUE



Avec le développement des idéaux pacifistes, la fin du XXe siècle a été marquée par une forte valorisation du métissage. Il devient un canon de beauté et l'on observe en effet l'élection des premiers top-models métis. Mais aussi, le métissage se forge une identité musicale avec la popularisation de la world music, tandis que la mode vestimentaire connaît une vague du « style ethnique ».

D'un point de vue idéologique, les enjeux sont profondément enracinés dans les débats sur le racisme. Actuellement, trois positions peuvent être distinguées :

- les "défenseurs" du métissage entre les peuples et les cultures mettent en avant les valeurs de tolérance et d'ouverture qu'il incarnerait,

- ses "détracteurs" insistent sur la notion de race et considèrent que la pureté d'une race est un signe de sa supériorité ou de son caractère spécifique,

- d'autres renvoient dos-à-dos les "défenseurs" et "détracteurs" du métissage, dénonçant l'essentialisme (voire le racisme sous-jacent) qu'impliqueraient ces deux positions et reprochant en particulier aux "défenseurs" du métissage de confondre désir sexuel et combat anti-raciste ou d'oublier les propositions de métissage massif faites par de nombreux théoriciens racistes pour "utiliser le meilleur" de supposée races (ex:une supposée supériorité intellectuelle des blancs et une supposée force physique supérieure des noirs) en particulier dans le cadre de la colonisation.


Le racialisme, théorie considérée non scientifique par ses détracteurs, subdivisant l'espèce humaine en races nettement distinctes, nomme métisse une personne dont les parents sont de races différentes. Cette définition était appliquée dans certains pays effectuant un classement officiel de leurs ressortissants en terme de race, par exemple l'Afrique du Sud à l'époque de l'apartheid. Aux États-Unis, en revanche, même si les parents appartiennent à des classifications ethniques différentes (Hispanic, Caucasian, Asian, Chinese, Japanese, Italian, African American), les enfants étaient rattachés à une seule de ces catégories dans les questionnaires de recensement. Depuis le Census 2000, les catégories "Multiracial", "Two or more races" and "Other" sont proposées.



LES GRANDS GROUPES METIS


METIS DU CANADA


Au Canada, Métis (avec majuscule) désigne un peuple autochtone habitant principalement l'ouest du pays, descendants des femmes cries, ojibwés, saulteaux et d'hommes français, ou écossais et anglais venus pour exploiter la pelleterie. L'origine de ce peuple remonte au XVIIe siècle. Il y a aussi des Métis en Ontario, au Québec, et au Labrador.

Le Métis le plus célèbre du Canada est Louis Riel qui négocia avec le gouvernement canadien la création de la province du Manitoba et qui mena deux « rébellions » (plusieurs les considèrent comme de légitimes mouvements de résistance, et la première ne reçut le titre de rébellion qu'après sa conclusion) contre les gouvernements britannique et canadien. Après la seconde rébellion, des spéculateurs réussissent à déposséder les Métis de leurs terres en exploitant un programme établi par le gouvernement canadien pour acheter ces terres.

Le gouvernement canadien ne reconnaît pas les Métis comme « première nation », mais la constitution canadienne de 1982 les reconnaît comme peuple autochtone, ce qui leur permit de regagner des droits traditionnels, par exemple les droits de chasse.

Différentes communautés métisses parlent différentes langues. Certaines parlent une variété de français nommée métchif (mitchif, mechif ou michif), mais que les linguistes nomment français métis, pour la distinguer de la langue mixte français/cri du même nom parlée par d'autres communautés et souvent méprise pour un langage. D'autres communautés parlent l'anglais métis, le cri métis ou le saulteaux/ojibwé métis. Les écoles établies par l'église catholique se consacrèrent à remplacer cette langue par le français standard, et peu de gens le parlent encore aujourd'hui. Actuellement, l'anglais est souvent employé par les Métis.

Du fait d'une définition peu précise du peuple métis, la population concernée est difficilement estimable. Les estimations varient de 300 000 à 800 000 personnes.


METIS D'AMERIQUE LATINE


En Amérique latine et dans l'Amérique du Nord francophone, métis/métisse (mestizo/mestiza en espagnol) désignait à l'origine plus particulièrement une personne née d'un père indigène et d'une mère européenne ou d'un père européen et d'une mère indigène. En effet, les personnes issues d'un parent africain étaient appelés zambos ou créole (les personnes issues d'un parent africain et d'un parent européen étant les mulâtres). Bien que le terme soit généralement encore utilisé pour les enfants dont l'un des parents est de type européen, le métissage concerne plus globalement tous les couples de type visiblement différent.



METIS DU MEXIQUE


De nombreux Mexicains sont métis, c'est-à-dire qu'ils possèdent des ascendants européen et indigène. Parmi les personnalités mexicaines célèbres d'origine métisse : Porfirio Díaz - Emiliano Zapata



METIS DU BRESIL


Baptisés pièces de Guinée par les esclavagistes, plus d'un million de personnes, d'origine bantous, soudanaise, angolaise et mozambiquienne furent arrachés à leurs pays. Les colons interdisaient aux esclaves, de pratiquer leurs religions, de même qu'ils les écartaient des éléments de leurs cultures comme la danse et la musique, de peur de voir ces pratiques renforcer leur identité. Les métis issus de mariage entre indiens et africains, étaient plus considérés par la bonne société coloniale.

Mais les esclavagistes avaient un certain goût, pour les femmes noires et, le métissage qui s'ensuit va permettrent l'affranchissement progressif d'un certain nombre d'esclaves. Ce qui n'empêchera pas qu'un bon nombre d'esclaves marrons, fonda les quilombos communautés autosuffisantes d'ou le célèbre "quilombo palmares". Les révoltes des esclaves finirent dans une répression féroce, puis le Brésil fut le dernier pays à abolir l'esclavage, en 1888. Les métis ont réussis progressivement, a se tisser une place dans la société brésilienne, car ils étaient souvent blanchis, comme si, l'extraction noire s'effaçait avec le prestige économique. Autrefois, les brésiliens niaient leurs racines africaines, maintenant ils ont pris conscience, de la formidable richesse, de l'héritage noir, mais avec un certain paradoxe.

Car la société blanche ne se cache pas de ses opinions racistes, tout en autorisant ses héritiers a épousé des mulâtresses. A l'heure actuelle, l'absence d'une conscience noire au Brésil est frappante.

Les noirs du Brésil ne savent pas s'ils souffrent de la discrimination, à cause de la couleur de leur peau, ou de leur pauvreté.



METIS DE CUBA


L'île fut habité par 100000 indiens arawaks, puis guanahatabeyes, puis siboneyses, et taïnos Avant l'arrivé de Christophe Colomb mercenaire des rois catholique espagnoles. Puis arrivé d'un million d'esclaves noirs, gangas, mandingue, carabales, araras, qui se révolteront aussi à leur tour sous le joug inhumain des esclavagistes.

Fin 18ème siècle, arrivé de colons italiens, portugais, allemands, et des français chassés par la révolte des esclaves noirs d'haïti, mené par le célèbre Toussaint Louverture.

En 1847, 120000 cantonais venus de chine, débarquent.

L'esclavage fut abolit en 1886.

Entre 1913 et 1927 face a un besoin croissant de main d'½uvre, 250000 engagés jamaïquains et haïtiens débarquent. Sous la coopération économique et culturel, polonais, tchèques, russes, se sont installés définitivement. C'est ainsi que le cubain désignera le métissage, par des multiples nuances, du plus sombre au plus claire, tel que pueto (azul), negro, mulaton, mulato, tri gueño, rubio, claro, fino, jabao, et vous donnera toutes les combinaisons possibles en tenant compte de la couleur de la peau et des cheveux, mais aussi de la forme des traits , sans oublier les traces asiatiques.

Par exemple, india : femme a la peau rouge cuivré, cheveux lisse, un peu fatigués et fins.

Tout cela sans aucune connotation péjorative raciste, car le racisme n'a pas droit de citer, à cuba, ce fut l'une des mesures de la révolution cubaine, abolir toute discrimination raciale.



METIS DE LA MARTINIQUE


Les premiers habitants étaient-les "Saladoïdes", puis les "Arawaks" venus du Vénézuéla, puis des "caraïbes" venus de l'Amazonie. Christophe Colomb débarque en 1502 au Carbet à Madinina " île aux fleurs". Belain d'Esnambuc aidé par Richelieu va développer l 'île. Les caraïbes qui les avaient si bien accueillis se font passer au fil de l'épée.

En 1647 un prêtre breton en avait recensé 3000, puis après il n'en restera aucun.

Les colons sont aidés par les juifs hollandais, pour la culture de la canne à sucre, du café et du cacao.

Peu peuplé la traite des noirs, battant son plein, en Afrique 20000 esclaves Guinéens, par ans sont capturés et acheminés, dans la première moitié du XVIIIème siècle et cessera au début du XIXème siècle. Au total 250000 noirs, auraient été déportés en Martinique. On y raconte même, comme l'île était la plus riche à l'époque coloniale, on y faisait venir les plus beaux noirs.

En 1789 la population avoisinait 84000 esclaves, et 6000 mulâtres, souvent affranchis, mais privés de nombreux droits.

En 1791 l'égalité politique des hommes noirs libres est déclaré sans pour autant abolir l'esclavage. Les royalistes passent un deale pour cinq ans, avec les Anglais pour sauver leurs têtes (vous prenez l'île pendant la révolution et quand la situation sera normale, vous nous la restituerez)

Donc en 1794 la Martinique et la Guadeloupe sont pris par les Anglais, mais ils ne seront pas accueillis les bras ouverts par les Guadeloupéens, et seront chassés au bout de quelque mois. Il n'y aura pas de guillotine à Fort-de-France. La première abolition ne sera pas appliquée.

En 1802 , elle redevient française. Ayant épousé Joséphine de Bauharnais, fille d'un riche colon, Bonaparte rétablit l'esclavage sous le soutien de celle-ci. L'émancipation des îles britanniques entraînera des mouvements de révoltes en Martinique et comme la France persiste dans sa lenteur, le gouverneur de la seconde république, sous la détermination de Victor Schoelcher, qui lui-même se sent obligé, (à cause de la révolution des esclaves à Saint-Pierre et au Carbet) de décréter l'abolition de l'esclavage avant le 22 mai 1848 .

Entre 1857 et 1862 , 10000 congolais sont engagés sous contrat. De 1853 à 1884 se sont installés, un millier de chinois, puis vinrent les syriens qui viennent en réalité du Liban qui fut sous mandat français entre les deux guerres. Les métros vivent à part, entretiennent peu de relation, avec les différentes ethnies. Il y a un certain racisme anti-blanc.

La Martinique est un vrai melting-pot.


METIS DE L'AFRIQUE DU SUD


1588: Les Portugais débarquent sur ce qui deviendra Cape Town (le Cap) à la pointe du " Cap de bonne Espérance ", une baie splendide dominée par une montagne plate, là où l'océan Atlantique rencontre l'océan Indien.

Les habitants indigènes sont les Hottentots.

1652: Début de la colonisation Hollondaise du cap de Bonne-Espérance, pour le compte de la Compagnie Hollandaise des Indes Orientales.Une main-d'½uvre esclave fut importée pendant près de deux siècles pour le service des colons pour les cultures, des immigrants colons d'origines diverses, dont les Français (Huguenots chassés de France en 1685)

1795: Les Anglais occupent Le Cap, provisoirement puis définitivement (1806)

1838: L'installation des Boers au natal est marquée par des massacres réciproques (Dingane fait assassiner Piet Retief et ses compagnons; les Blancs déciment les Zoulous à Blood River)

1860: Importation de travailleurs indiens pour la culture de la canne à sucre au Natal.

1880: Le transvaal se révolte contre la domination Anglaise et conquiert son indépendance.

1887: Après une défaite retentissante (1879), les Britanniques imposent leurs domination aux Zoulous.

1893: Invention par Gandhi, jeune avocat indien venu de Londres, de la résistance non-violente au racisme organisé par l'administration anglo-sud-africaine.

1899-1902: Guerre anglo-boer : les Anglais inventent au cours de cette guerre les camps de concentration et le scoutisme (Baden-powell) L'opinion française fut très favorable aux Boers.

1910: Mise en place d'un système colonial raciste.

1913: Le Natives' Land Act accorde moins de 10 % des terres aux Noirs.

1914-1918: L'union participe à la première guerre mondiale, en dépit de la résistance des Boers et reçoit à la fin le protectorat du Sud-Ouest africain (Namibie), ex-colonie allemande.

1925: Création de L'ANC (Congres National Africain), multiracial mais qui deviendra le champion des droits des noirs, particulièrement avec Nelson Mandela.

1939-1944: L'Union participe à la seconde guerre mondiale aux côtés de la Grande-Bretagne, en dépit d'une forte opposition favorable aux Allemands dans la communauté afrikaner.

1948: Mise en place de l'Apartheid, codification très précise d'un système racial officiel, issu de la colonisation Britannique, donnant toute suprématie aux Blancs. Interdiction d'unions ou de mariages interraciaux; parage des terres en faveur des blancs; obligation d'un laisser-passer pour les Noirs; ségrégation dans tous les lieux publics et officiels.

1960: Emeutes raciales à Sharpeville, au sud de johanesburg : 69 morts.

1964: Nelson Mandela, leader de l'ANC, est condamné à la prison à vie et devient le symbole d'un régime oppressif antidémocratique.

1976: Emeutes sanglantes à Soweto : 176 morts.

1981: Autorisation des syndicats pour Noirs et suppression de la discrimination raciale dans le travail.

1984: Emeutes à Sharpeville : 29 morts. Le prix Nobel de la paix est décerné à Desmond Tutu, évêque anglican noir du Cap.

1985: Abolition des lois interdisant mariages et relation sexuelles entre personnes de différentes couleurs.

1986 Abolition du laisser-passer.

1990-1991:Légalisation des organisations noires d'opposition et de résistance. Libération de Nelson Mandela. CODESA convention pour une Afrique du Sud démocratique, entre Blancs et mouvements, partis et syndicats noirs pour une transformation pacifique du gouvernement. Abrogation des dernières lois de l'apartheid.

1992: Référendum toujours réservé aux Blancs, sur la poursuite des réformes; le " oui " l'emporte par 2/3 des voix.

1993: Le prix Nobel de la paix est décerné conjointement à N.Mandela et F.W. de Klerck.

1994: A la suite de la victoire de l'ANC aux élections démocratiques et multiraciales d'avril, N.Mandela accède à la présidence de la République.



METIS DE LA REUNION


Au 14ème siècle découverte de l'île par les arabes, elle est appelée "nina mo grabin", au 16ème siècle elle est l'archipel des "mascareignes " par les portugais. Dater la découverte de l'île est quasiment impossible pas de traces du Colomb local.


En 1649, un certain Flacourt la baptise l'île bourbon. Pendant des siècles, il y aura des trafics importants d'épices, du bois de l'océan indien, tandis que les colons de Madagascar débarquent avec leurs esclaves noirs, capturer en Afrique de l'est : Mozambique, Tanzanie, Somalie et de Madagascar pour cultiver les terres, tout en les maintenant dans la crainte, car ils pourraient se rendre maître dans l'île. Pendant qu'on bétonne l'esclavage d'autres s'adonnent à la débauche avec des femmes venues de France, des indes, de Madagascar, pour égayer les 269 colons.


En 1723 le code noir institutionnalise l'esclavage.


En 1715 on manque de femmes blanches, alors on se métisse allègrement, et vingt ans la population passe de 1500 à 8000 habitants. Les esclaves que le Directoire avait failli libérer, ont perdu leurs illusions en 1806 avec le volt-face de Napoléon, (qui aussi appellera brièvement l'île Bonaparte) en maintenant l'esclavage. Soutenue par sa femme, la Martiniquaise l'impératrice Joséphine de Bauharnais. Seule issue se rebeller, les forbans et les esclaves noirs, forment des milices, pour juguler l'essor du marronage.


L'abolition de l'esclavage fut établie en 1848.


Puis de 1848 à 1882, des engagés volontaires viennent relayer les esclaves affranchis : les Malabars venus du sud-ouest et des tamouls du sud -est de l'inde.


Des Z'arabes, fuyant les difficultés économiques de 1870 à 1914, viennent du gujrati frontière Pasquitaniene du Nord-est de l'inde. Puis arrivé aussi pour les même problèmes des chinois de canton.


Récemment des ethnies minoritaires, tel que des indochinois, yéménites, malais, javanais, aborigènes d'Australie, malgaches, comoriens, et mahorais qui sont d'ailleurs mal accueillis par les Réunionnais.

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# Posté le mercredi 26 mars 2008 23:44

Modifié le dimanche 26 octobre 2008 09:04

[ MONDE ] METISSAGE

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MONDIALITE ET METISSAGE >


1. LA QUESTION DE LA MONDIALITE .


La mondialité peut se définir en première analyse de manière simple : l'appartenance au monde, au même monde et la progressive prise de conscience de ce que cela implique.


La mondialité possède la même racine que la nationalité : elle exprime un glissement de l'appartenance principale, de la nation vers le monde, et en même temps désigne clairement que le phénomène d'appartenance ne se réduit jamais à une simple appartenance juridique, à la détention d'une "carte d'identité".


Mais qui signifie "MÊME MONDE"?


On pourrait dire, intuitivement, que le même monde est avant tout, matériellement parlant, la même planète. De nombreux auteurs, et en particulier, en sociologie, Ulrich Beck, dans sa "Sociologie du risque" ont mis l'accent sur le caractère fini de la planète et même temps que sur le caractère systémique des phénomènes qui la concernent.


Caractère fini :

il n'existe plus de territoires à découvrir et à conquérir, et surtout, il n'existe plus de lieu, d'ailleurs vers lequel exporter nos problèmes et nos maux. Par exemple, si une nation décide d'exporter ses déchets nucléaires, c'est vers une autre partie de la planète, mettant en péril potentiel ses habitants, qu'elle le fera. C'est pire encore, d'une certaine façon, si ces déchets sont noyés dans les océans; c'est l'ensemble des habitants de la planète qui voit le risque s'accroître.


Caractère systémique :


c'est globalement que certains phénomènes majeurs se manifestent et les frontières institutionnelles ne sont plus opérantes. Sur ce registre, la question écologique fournit le paradigme majeur : les risques liées aux évolutions de l'écosystème, à l'effet de serre, à la diffusion des microparticules polluantes, à la dégradation de la qualité des eaux "forment" système au niveau planétaire. Aucune protection ou aucune action limitée à un cadre local ou national ne sont à la hauteur du phénomène. Le paradigme écologique est sur ce plan très puissant.


Toutefois, on ne peut se limiter à cette appartenance objective à la planète. L'appartenance au même monde, dans le processus de sa prise de conscience, appelle aussi la constitution d'un monde vécu inter et trans-subjectif.


Le concept de "monde vécu" a été inventé par Husserl, puis repris et développé par Habermas. Ce dernier a insisté à la fois sur la manière dont ce monde vécu s'impose aux individus participant d'un tel monde, sous forme d'évidences culturelles et de référents communs quant aux découpages et aux identités sociaux, et quant à la signification du langage, sans avoir même à y penser, et sur la manière dont cette référence peut entrer en crise, lorsqu'il n'existe plus d'accord sur les normes de comportement qui régissent ce monde vécu commun.


C'est, pour Habermas, la crise ou l'insuffisance de la référence au monde vécu qui sollicite des échanges langagiers, un agir communicationnel au cours duquel il s'agit, par l'intermédiaire d'un débat argumenté, de se mettre d'accord sur de nouvelles vérités, de nouvelles normes, de nouvelles perspectives de vie, qui soient partagées.


Or, quand Habermas ressaisit le concept de "monde vécu" de Husserl, il est clair qu'il ne pense pas à la mondialité. Il se situe complètement au sein de l'histoire de la pensée occidentale, il pense à ce qu'a légué la sociologie durkheimienne : un univers socialement intégré, mais en proie à une montée de la désintégration, en référence implicite à l'Etat-Nation. Habermas est clair sur ce point : il reprend le diagnostic durkheimien de montée de l'anomie, de l'absence de règles morales intégratices, tout en se proposant d'explorer une voie nouvelle pour produire, sur des bases renouvelées[3], un processus d'intégration et de socialisation des individus.


Or le "monde vécu" de la mondialité ne souffre pas d'une crise de désintégration. C'est un monde d'entrée de jeu désarticulé par les vagues successives de conquêtes, de destruction de civilisations non occidentales, de colonisations, de résistances. Il s'agit d'un monde vécu, certes déjà commun par son histoire (l'histoire mondiale), mais intrinsèquement problématique et hétérogène, non normalisé.


En se plaçant sous l'angle de la constitution de ce monde intersubjectif, on peut s'interroger à la fois sur la portée et les limites de ce qui se passe au plan mondial.


Il existe incontestablement un phénomène nouveau par son ampleur : la création d'une couche informationnelle et communicationnelle qui recouvre l'ensemble de la planète et qui autorise une diffusion permanente et ultrarapide des "nouvelles du monde" à travers une série de canaux : radios, télévisions, journaux, internet... On a pu remarquer que, même dans les régions les plus déshéritées du monde, cette couche est présente. Elle pénètre dans l'intimité des lieux de vie.


C'est là où nous trouvons la force du concept phénoménologique de "monde vécu" : ce n'est pas directement au monde objectif, physique, que les populations du monde ont accès, mais à une préhension interprétative des événements du monde que les publicistes et les médias sélectionnent, mettent en scène, nous proposent, voire nous imposent. Tarde aura été le plus grand théoricien de ce phénomène. Il y aurait certes beaucoup à dire sur le traitement médiatique de ces événements et la manière dont il influence les opinions publiques. Les analyses sur ce sujet ne manquent pas. Mais il nous importe de souligner le fait que, quel que soit ce traitement, il en reste quelque chose d'incompressible : le monde se présente à nous.


La télévision, par exemple, est une fenêtre ouverte sur le monde par laquelle passe toujours quelque chose, quelle que soit la mise en scène. Nous sommes, comme on dit, "branchés sur les événements du monde" qui nous sont présentés et nous affectent d'une manière plus affective et émotionnelle que cognitive, car tel est le registre qu'intentionnellement les médias sollicitent. Ce n'est pas à notre intelligence qu'il est fait appel, mais à nos passions réactives, à peine tempérées par des "commentaires journalistiques" dont on sait l'orientation politique partisane et qui viennent nous dire ce que nous devons penser de ce qui nous est brutalement montré (ou occulté).


C'est pourquoi, en toute rigueur, il est plus juste de parler de "monde trans-subjectif", développé dans le registre que Simondon qualifie de pré-conscient, d'affectivo-émotionnel, que de monde inter subjectif. Ce monde est néanmoins bien là.


Il est remarquable de constater qu'en même temps, cette couche médiatique est doublée par une multiplicité des listes, forums, sites et réseaux qui, par le biais d'internet, viennent, soit mettre en débat, soit découvrir d'autres facettes des événements du monde et transformer le monde trans-subjectif en un monde réellement inter-subjectif, pensé comme tel et ouvert aux débats, aux dialogues sans cesse relancés.



Mais, précisément, cette modalité nous pousse à faire un pas de plus : l'appartenance au même monde ne se forme pas de manière lisse. C'est plutôt à un univers volcanique et tourmenté que nous avons affaire. Le monde nous apparaît sous la forme d'une conjonction de graves problèmes. Et du même coup, en nous affrontant à cet univers mondial, en prenant conscience de notre appartenance, nous voyons que l'évolution actuelle et future du monde, son devenir, sont pour le moins problématiques.


Et il est vrai que la majorité de ces problèmes apparaissent sous une face négative : montée de la pauvreté, dégradation de l'écosystème, dissémination des guerres, oppression diversifiée et généralisée des femmes, etc.


Ce constat est d'ailleurs au fondement même de la sociologie du risque d'Ulrich Beck[4] : il s'agit, non pas de se battre pour un monde meilleur, mais pour éviter le pire, pour assurer le moindre mal. Il y aurait là un considérable changement d'attitude face à l'avenir : non pas rêver d'un monde meilleur et se battre dans le faire advenir, mais craindre un monde pire et se mobiliser pour éviter qu'il n'advienne.


La recherche du moindre mal, face à un mal possible, recoupe la définition précise de l'affect de peur chez Spinoza. On peut donc dire, si nous le suivons dans cette définition, que le monde ainsi problématisé est un monde qui présente et propage la peur à large échelle.


Néanmoins, on ne peut s'arrêter à ce constat : problématiser le monde, ce n'est pas se contenter de comptabiliser et de lister ce qui fait problème. Ce n'est pas non plus nécessairement rechercher des solutions. Dans tout problème, il existe une tension qui l'anime.


Problématiser, c'est cerner la tension, approfondir l'intelligence du problème, développer un point de vue et tracer des perspectives. C'est autour des perspectives qu'il peut y avoir convergence et solidarité, construction d'un monde vécu face à des oppositions, et non pas autour de l'énoncé des problèmes en tant que tel.



Publié par Philippe Zarifian

# Posté le jeudi 27 mars 2008 15:16

Modifié le dimanche 26 octobre 2008 09:05