DECOUVRONS MAINTENANT CES 3 PAYS ( Guadeloupe 971 , Martinique 972, guyane 973 )
GUADELOUPE >
La Guadeloupe de l'ère précolombienne à nos jours
Les premiers habitants de l'île furent des indiens venus du Vénézuela quelques siècles avant notre ère - un peuple de pêcheurs évolués et paisibles: les Arawaks.
Vers le IXème siècle ils furent exterminés par la tribu guerrière et cannibale des Caraïbes (Karibs) qui habitent l'île de Caloucaéra (île aux belles eaux, Karukéra en créole) lors de l'arrivée de la flotte de Christophe Colomb, le 3 novembre 1493. Dès lors son nom fut changé en Guadeloupe.
Les Espagnols s'intéressèrent peu à cette île inhospitalière et les premiers colons "volontaires" français - essentiellement des agriculteurs d'origine normande, bretonne et charentaise - ne furent envoyés par la Compagnie des Isles d'Amérique qu'à partir de 1635. Les Caraïbes furent exterminés à leur tour, épidémies, alcool et fusils aidant. Mais les conditions de vie difficiles eurent raison des premiers travailleurs, et bientôt s'organisa l'utilisation d'esclaves déportés d'Afrique, ce qui devra durer près de quatre siècles.
Les cultures étant peu rentables au début, la Compagnie vendit la Guadeloupe à Charles Houël qui fut à l'origine de son essor grâce à la plantation de sucre, café et cacao. Par la suite, l'île passa en possession de la Compagnie des Indes, puis du roi Louis XIV, fut attaqué par les Hollandais, occupé par les Anglais, de nouvelles cultures furent introduites: coton, épices...
Au 18ème siècle on est dans la fameuse époque des flibustiers et corsaires et les îles des Caraïbes prospèrent en grande partie grâce au pillage des navires marchands ennemis.
Sous l'influence des idées de la Révolution française, la Convention vota l'abolition de l'esclavage le 4 février 1794 et Victor Hugues fût envoyé pour assurer l'application. Bon nombre de grand propriétaires royalistes et esclavagistes furent guillotinés.
En 1802, Napoléon Bonaparte rétablit l'ésclavage, mais des mouvements de résistance commencent à voir le jour: sous le commandement de Louis Delgrès en 1802, chez les Anglais qui interdisent la traite des Noirs en 1807, au congrès de Vienne qui l'interdit en 1815. Mais il faudra attendre 1848 quand le 27 avril, sous l'impulsion du député Victor Schoelcher, à la tête de la Société Abolitionniste, le décret d'abolition est voté.
Comme les relations entre anciens maîtres et anciens esclaves furent difficiles, les autorités décidèrent d'employer une nouvelle main d'oeuvre: les coolies. Ces travailleurs libres et rémunérés sont d'origine annamite, chinois et surtout indienne. De ce fait, et du fait de la concurrence de plus en plus grande de la betterave sucrière, bon nombre de planteurs firent faillite et leurs domaines passèrent aux mains des sociétés capitalistes étrangères dans la deuxième moitié du 19ème siècle.
Mais la crise économique continua et eut de graves répercussions sociales avec des mouvements de grève. La Guadeloupe se donne alors ses premiers députés socialistes: Légitimus et Achille-René Boisneuf. Pour limiter la dépendance du cours du sucre, après la Seconde Guerre mondiale on cherche à diversifier la production et développe la culture de la banane, de l'ananas et du riz - canne et rhum restant néanmoins les principales denrées à l'exportation.
Le 19 mars 1946, la Guadeloupe devint département français. Elle est administrée à l'instar des autres départements, par un préfet assisté de deux scrétaires généraux et de deux sous-préfets, un pour l'arrondissement de Pointe-à-Pitre et un pour les îles du Nord (Saint-Martin et Saint-Barthélemy). Les lois sont celles de l'Hexagone avec toutefois quelques arrangement spécifiques concernant les salaires des fonctionnaires, les équipements scolaires et l'assistance médicale et sociale.
Un mouvement indépendentiste, très actif dans les années 80, est en perte de vitesse au profit d'une reflexion tournée vers l'avenir économique et social avec les institutions présentes. Ainsi le 1er décembre 1999 la "Déclaration de Basse-Terre" des présidents de région Guadeloupe, Martinique et Guyane a pour but de trouver ensemble un mode de développement adapté aux Antilles-Guyane, et en juin 2000 le projet de loi d'orientation pour le développement des DOM fut défini.
Le 7 Décembre 2003, à l'issu d'un referendum, les communes de Saint Martin et Saint Barthélémy décidèrent de s'affranchir de l'administration de la Guadeloupe pour devenir des collectivités territoriales françaises à part entières.
MARTINIQUE >
HISTOIRE de la MARTINIQUE
D'origine volcanique, les presqu'îles de la Caravelle et de Sainte-Anne sont les terres les plus anciennes de l'île, apparues il y a quelques 18 millions d'années.
Apparaissent ensuite la montagne du Vauclin, le Morne Jacob et les Pitons du Carbet. Point culminant de l'île, la Montagne Pelée est âgée de 400.000 ans, un tout jeune volcan qui fait l'objet d'une surveillance attentive car ses éruptions sont rares mais violentes.
Les Dates Importantes
- Ier siècle : Les ARAWAKS, peuple pacifique, sont les premiers habitants de l'îles, ils vivent de pêche de chasse et de fruits.
Entre le XI / XII siècles : Les Indiens Caraïbes débarquent et massacrent les ARAWAKS, ils tuent les hommes et gardent les femmes pour les servir. L'île s'appelle alors MADININA (l'île aux fleurs)
15 juin 1502 arrivée de Christophe Colomb, qui débarque au Carbet (sur la côte Caraïbe)
1635 : Marque le début de la colonisation, avec l'édification du fort Saint Pierre de la Martinique.
1660 : La Martinique connaît de nombreuses guerres, entre Anglais Hollandais et Français, les Indiens Caraïbes sont exterminés.
1664 : Colbert officialise la traite des noirs.
1725 : La Martinique prospère, par l'industrie du sucre, Saint Pierre sa capitale compte 20 distilleries dans ses murs et 13 dans ses environs. Pour répondre au besoin de main d'œuvre des esclaves sont amenés d'Afrique noire.
1763 : Naissance de Joséphine Tascher à la Pagerie aux Trois Ilets, la future impératrice des français Joséphine De Beauharnais (femme de Napoléon Bonaparte).
1814 : La Martinique redevient définitivement française, après avoir été anglaise.
1848 : Abolition de l'esclavage décrété le 27 Avril, et reconnue le 23 Mai en Martinique, par Victor Schoelcher après insurrection des esclaves.
1902 : Année d'effervescence politique en Martinique qui compte 3 représentants, un sénateur et deux députés dont deux sont de couleur.
Le 3 mai 1902 , une première explosion surgit de la montagne pelée, des nuées de cendre inondent Saint Pierre. En pleine préparation électorale, le 17 mai est prévu le second tour des élections législatives, le gouverneur et le maire de Saint Pierre, publient des annonces pour demander à la population de rester calme et de reprendre son activité, alors que la volcan ne cesse de gronder.
Le 8 mai 1902 : irruption volcanique, faisant 28 000 morts.
Le 20 mai 1902 : seconde irruption qui rase définitivement Saint Pierre, les coulées de lave montent jusqu'à hauteur des premiers étages des maisons.
Le 6 juin 1902 : Nuée ardente sur Morne Rouge, 1 500 morts.
La Martinique compte alors 15 000 sinistrés, la plupart iront à Fort de France qui devient la nouvelle capitale.
1946 : La Martinique est devenue un département d'Outre-mer le 19 mars 1946.
- La Martinique est dotée d'un Conseil général et d'un Conseil régional. Le département est découpé en quatre arrondissements (Fort-de-France, Trinité, Le Marin et Saint-Pierre), subdivisé en 45 cantons et 34 communes. Tous les textes nationaux y sont applicables de plein droit sous réserve d'adaptations nécessitées par la situation particulière du département.
La Martinique est représentée au niveau national par 4 députés, 2 sénateurs et un conseiller économique et social. La préfecture est située à Fort-de-France. Deux sous-préfectures existent à Trinité et au Marin, et celle de Saint-Pierre est en cours de mise en place. En tant que département français, la Martinique fait partie de l'Union Européenne et bénéficie de mesures spécifiques qui adaptent le droit communautaire à la situation locale.
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REMARQUE: La Guyane ne fait pas partie des Antilles mais je me devais d'en parler ....
C'est Vrai. MAis BLACKMETISPLANET , c aussi çà, réunir, rassembler les Origines pour fonder une et une même communauté. Donc, il était important pour moi de réunir La Guadeloupe, La Martinique et La Guyane car ensemble c'est un IDENTITE FORTE.
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GUYANE >
Histoire de la Guyane, de 1946 à nos jours
LE TEMPS DE LA DEPARTEMENTALISATION
Par la loi du 19 mars 1946, la Guyane devient un département français. Le rêve de Gaston Monnerville s'est enfin réalisé : la métropole se décide enfin à l'intégrer, à la développer tant sur le plan économique que social. Pourtant, 60 ans plus tard, la Guyane semble toujours confrontée aux mêmes problèmes : manque de développement et dépendance. La départementalisation a-t-elle été un échec ?
I- L'EVOLUTION POLITIQUE ET INSTITUTIONNELLE DE LA GUYANE DE 1946 A NOS JOURS
a) La départementalisation : de l'enthousiasme au désenchantement (1946-1958)
1°/ Une loi longtemps espérée, et enfin votée
La loi de départementalisation est votée le 19 mars 1946. Elle représente l'aboutissement de deux siècles de revendication assimilationniste émanant des « quatre vieilles colonies ». En effet, ce statut leur avait toujours été refusé par la métropole durant la Révolution française, puis par la IIIème République. Le fait d'avoir manifesté leur attachement à la France durant la Seconde Guerre Mondiale pousse l'Assemblée constituante à donner satisfaction à cette requête unanime des élus d'outre-mer.
Le principal artisan de cette revendication est le Martiniquais Aimé Césaire, qui sera d'ailleurs rapporteur de cette loi, appuyé par le Guyanais Gaston Monnerville : ils demandent une assimilation intégrale se traduisant par la fin de l'exception coloniale et le rattachement strict à la France.→Pour eux, seule la départementalisation permettrait à ces territoires de sortir du sous-développement.
La loi est votée à l'unanimité : la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et la Réunion deviennent département d'Outre-Mer (DOM). Cette nouvelle est accueillie dans la liesse par les populations ultramarines pleines de fierté et surtout d'espoir. Quelques uns comme le poète Léon Gontran Damas rejettent l'idée d'assimilation.
2°/ La Guyane amorce son développement réel avec le préfet Robert Vignon (1946-1955)
L'extension des lois métropolitaines permet la disparition du gouverneur, remplacé par le préfet, dont le rôle est amoindri, et le Conseil général devient le pouvoir exécutif. Or, en Guyane, deux évènements changent la donne politique :
Gaston Monnerville est battu aux élections législatives par René Jadfard en 1946 et se retire progressivement de la vie politique guyanaise (devient sénateur du Lot, puis président du Conseil de la République)
Robert Vignon est nommé préfet de Guyane et promet de transformer ce pays.
Vignon, séduisant et ambitieux, est très vite adopté par la population (tournées préfectorales appréciées) et s'impose au sein de la classe politique locale parvenant même à faire passer ses idées au sein du Conseil général (« Assemblée d'allégeance »). C'est lui a réellement appliqué la départementalisation en Guyane.
Son œuvre est très importante :
Amélioration des réseaux de communication (bitumage de la RN1 Cayenne-Saint-Laurent, rétrocession de l'aérodrome de Rochambeau par les Américains, et création de pistes aérodromes à Saint-Elie, Saül, Maripasoula.
Politique d'urbanisme et d'assainissement (éclairage permanent à Cayenne, eau courante de Cayenne à Montjoly)
Quadrillage du territoire de centres médicaux, sociaux et dispensaires jusque dans les villages isolés (Camopi, Saül) → Recul des maladies comme la fièvre jaune ou la lèpre (création du Pavillon pour recueillir les lépreux soignés par le Dr Floch + Institut Pasteur). Vastes opérations de pulvérisation de DDT contre les moustiques et campagnes de vaccination.
Politique scolaire : bourses données aux Guyanais pour qu'ils reviennent enseigner dans le pays.
Politique diplomatique : création du Guest House à Cayenne pour accueillir les personnalités importantes et Vignon représente la Guyane au Venezuela, en Amapa et à Trinidad.
Autres aspects symboliques : création de Radio Guyane, de la Fête de Cayenne, des 1ère colonies de vacances (1ères sorties de Jeunes aux Iles du Salut et au Surinam)...
Muté en métropole en 1955, on lui a reproché son ingérence dans la politique et une certaine influence dans la passation des marché publics. Mais les Guyanais garderont une estime énorme pour Robert Vignon puisqu'il sera élu plus tard sénateur de la Guyane de 1962 à 1971 en étant absent du département.
3°/ Le temps du désenchantement (1955-1960)
Si l'œuvre du préfet Vignon apparaît considérable, la départementalisation tarde à s'appliquer notamment au niveau des lois sociales, principale aspiration des populations. De même, l'extension de la législation fiscale pénalise la production locale au profit des importations.
L'Etat participe financièrement au développement, mais sous forme de subventions et de dépenses d'assistance : ainsi, sans cesse en déficit, tributaires de la métropole, les DOM perdent de leur autonomie financière.→Cet état de fait est dénoncé par Justin Catayée à partir du milieu des années 1950. Il crée d'ailleurs un nouveau parti, le PSG (Parti Socialiste Guyanais) pour rassembler tous les mécontents du système.
Mais les années 1950 voient aussi la remise en cause du discours assimilationniste et de la départementalisation par des groupes nationalistes de plus en plus actifs. Des hommes comme Michel Lohier et surtout le poète Léon Gontran Damas militent pour l'affirmation d'une identité guyanaise, fondée sur des valeurs qui lui sont propres (concept de la négritude) et demandent de ce fait plus d'autonomie.
Ces revendications sont d'autant plus fortes qu'elles s'inscrivent dans un contexte de décolonisation en Asie et en Afrique) et dans la valorisation de la négritude et de la créolité (Damas, Césaire, Frantz Fanon). Mais on ne parle pas encore d'indépendance, sauf chez les communistes.
b) La Guyane sous la Vème République
1°/ Le temps de la départementalisation adaptée
Avec la venue du Général de Gaulle au pouvoir et le changement de République en 1958, les politiques guyanais espèrent une évolution dans les institutions : les départementalistes souhaitent développer et étendre le système français en Guyane et les autonomistes voulaient plus de pouvoirs décisionnels.
En 1960, la situation institutionnelle des DOM évolue et tente de répondre aux espérances déçues de la départementalisation. L'article 73 de la Constitution de 1958 précise que le régime législatif des DOM peut faire l'objet de mesures d'adaptation nécessitées par leur situation particulière.
La départementalisation adaptée, élaborée par décrets en 1960, soumet leur organisation administrative aux Conseils généraux désormais habilités à faire des propositions de loi au gouvernement. Mais cette réforme est jugée illusoire par les partisans d'un statut spécial qui, à l'image de Justin Catayée, entendent profiter du contexte de décolonisation pour obtenir un exécutif local dotant les élus de réelles attributions.
2°/ Une lutte continue entre départementalistes et séparatistes
A partir des années 1960, le clivage entre départementalistes et autonomistes s'accentue et se radicalise. Les nationalistes font progresser leurs thèses au sein de la société, même si les candidats aux élections, hormis pour le PSG, recueillent peu de suffrages.
Mais leur poids était sérieusement contrebalancé par l'UNR (puis plus tard, le RPR) incarné par le départementaliste Hector Rivierez qui fut député de Guyane 1967 à 1981. Ce dernier était un tenant du statu quo, appelant à davantage de « solidarité nationale ».
→Les nationalistes très vite marginalisés sont combattus par les préfets qui n'hésitent pas à censurer la presse et à user de répression armée face aux grèves et mouvements séparatistes comme à Cayenne en juin 1962.
Les années 1970-1980 voient des poussées de fièvre nationalistes dans un contexte où les pays voisins accèdent à l'indépendance : Guyana en 1966, Surinam en 1975 : grèves (1970-1971) à l'initiative l'UTG indépendantiste, émeutes à Cayenne en 1974, attentats (1 mort).
→Mais la hausse du niveau de vie, l'installation du CSG générateur d'emplois, la peur de « l'aventure indépendantiste », la loi de décentralisation de 1982 marginalise toujours plus ces mouvements
→ Le PSG met d'ailleurs en sommeil depuis les perspectives d'indépendance.
La décentralisation de 1982 a donné beaucoup d'autonomie aux élus guyanais qui bénéficient de fonds importants de Paris, mais aussi du FEDER (Union Européenne). Elle a satisfait en partie la soif d'autonomie de nombreux Guyanais et désamorcé le discours nationaliste.
Les partis politiques se sont diversifiés allant de l'UMP (Léon Bertrand), du PSG (Antoine Karam), de Walwari (Christiane Taubira), des Verts à l'UDF. Ces formations oscillent entre la volonté de renforcer la départementalisation et d'aller vers plus de prérogatives dans le cadre de la République.
Etant donné l'hostilité de la population à toute idée d'indépendance (regard sur les situations actuelles d'Haïti, du Guyana et du Surinam) et l'attachement aux droits sociaux, les nationalistes restent très minoritaires (MDES reste encore un petit parti, qui joue le jeu des institutions régionales et locales) mais le discours nationaliste a toutefois porté ses fruits (retour à la langue créole, reconnaissance et enseignement de l'esclavage à l'école, ...).
La question sur l'évolution institutionnelle reste en suspens, mais les Guyanais restent très prudents à l'idée de tout changement, comme les Guadeloupéens et les Martiniquais qui ont voté « non » au référendum à cette question en 2003.
II- L'EVOLUTION ECONOMIQUE, SOCIALE ET CULTURELLE DE LA GUYANE
a) Les transformations socio-économiques
1°/ Au niveau démographique
La France fait à partir de 1946 d'importants efforts sous l'impulsion du préfet Vignon. Les autorités s'emploient à améliorer la situation sanitaire afin de faire chuter la mortalité très élevée.
→ Cette politique est un succès : la mortalité infantile baisse de manière significative tandis que la natalité repart dès 1948 (5 à 6 enfants par famille). C'est la fin de la dépopulation. Le taux de mortalité passe de 18%° en 1952 à 13%° en 1955.
Alors que la France avait toujours échoué à peupler la Guyane, l'installation du CSG en 1965 représente un tournant. Les chantiers et la stimulation de l'économie attirent des dizaines de milliers d'immigrés (Amérique du Sud, Caraïbes) avec l'approbation de la France et à la colère des nationalistes.
→ L'immigration trouve son explication dans les problèmes politiques et économiques : Chine (1949), Laos (1975, Hmongs à Cacao et Javouhey), Surinam (1986), Haïti (dictature de Qduvalier et misère), du Guyana, mais aussi depuis quelques années de pays d'Amérique du Sud (Brésil, Pérou...)
→ En 1990, 1 Guyanais sur 2 est né hors de Guyane.
2°/ Le boom économique et ses limites
La politique économique menée en Guyane répond à deux objectifs :
→Couvrir les besoins alimentaires
→Produire des biens pour l'exportation
Le lancement de la politique économique se fait dans le cadre de la planification : évaluation des potentialités (or, bauxite...), création d'un réseau routier et aérien... Mais les plans apparaissent très vite peu réalistes et les relations avec la métropole sont trop importantes
→ Balance commerciale déficitaire.
La France met en place des projets sous la Vème République :
1965 : installation de la base spatiale à Kourou. La France parvient à parler un peu de dynamisme notamment avec le programme Ariane lancé en 1980.
→ Cette installation a un effet d'entraînement sur les autres secteurs : agriculture, pêche, immobilier...
Néanmoins, la Guyane reste terriblement dépendante du CSG (46% des emplois et + de 30% du PNB).
Mise en place du Plan Vert : valorisation de la forêt (1975-1978)
Reprise de la production aurifère
Modernisation de l'agriculture : élevage bovin, riziculture
→ couvre les besoins alimentaires.
Cependant, l'agriculture vivrière (abattis) prédomine, le secteur secondaire est quasi-inexistant et le secteur tertiaire est hypertrophié.
3°/ Une société bouleversée par la départementalisation
Le niveau de vie augmente, notamment par rapport aux pays voisins, mais aussi au sein de la Guyane : décalage entre Cayenne et sa banlieue, singularité de Kourou et de Saint-Laurent.
→ Cependant, cette amélioration est décalée par rapport à la métropole. Alors que les Trente Glorieuses touchent la France dans les années 1950, la Guyane connaîtra une hausse du niveau de vie qu'à la fin des années 1960.
Un changement de mentalité : immersion dans la société de consommation (voiture, biens de consommation...) mais surtout, un rapport compliqué vis-à-vis du travail. L'afflux d'aides sociales et les salaires élevés des fonctionnaires ont poussé les Guyanais à se détourner du secteur privé et de l'esprit d'entreprise.
b) Culture et affirmation identitaire
Décolonisation et espoirs déçus de la départementalisation accompagnent l'émergence de la culture identitaire en Guyane. Négritude, créolité en sont les étapes francophones, servies par des écritures internationalement reconnues, relais d'engagements qui ont marqué le demi-siècle écoulé.
L'anticolonialisme, le panafricanisme et le surréalisme influencent les chantres de la négritude : Léopold S. Senghor, Léon G. Damas, Aimé Césaire. Leur littérature renverse et magnifie l'image d'une Afrique et de civilisations noires mises à mal par « l'exotisme colonial ». Etre « nègre » doit être source de fierté et de dignité, et non de reniement.
→ Démarche de réappropriation selon Edouard Glissant, le but est de retrouver une mémoire collective (langue créole, synchrétisme, résistances)
→ Culture du « détour ».
→ Cette quête identitaire se greffe sur la montée des revendications indépendantistes et la redécouverte d'une culture populaire longtemps méprisée.
A la fin des années 1980, au regard de la réalité et aux bilans de la décolonisation, la réflexion identitaire s'investit dans l'image positive de la mosaïque culturelle caribéenne, espace ouvert au métissage + reconnaissance de groupes restés en marge comme les Amérindiens.
CONCLUSION
En somme, le bilan de la départementalisation est mitigé. Des points positifs :
Amélioration spectaculaire de la situation sanitaire, du niveau de vie, du confort qui a profité à tous les Guyanais (Ex : les Amérindiens menacés d'extinction sont passés de 1000 à 6000 grâce à la départementalisation).
Explosion démographique inespérée : 26000 habitants en 1946 200000 en 2004.
Boom économique impulsé par le CSG
Toutefois, elle n'a pas réussi à développer, à diversifier l'économie guyanaise et à de nombreux effets pervers :
Augmentation de la dépendance vis-à-vis de la métropole et économie d'assistanat (RMI, Allocations familiales...). Le chômage augmente et les difficultés scolaires persistent (40% d'une classe d'âge parvient au bac contre 70% en métropole, retard scolaire de 2 ans en moyenne)...
Immigration massive, qui tout en étant utile génère quelques problèmes : création d'habitats insalubres, insécurité...
D'où le désir d'un nouveau statut manifesté par certains hommes politiques, mais qui ne passionne pas les Guyanais.
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